Historique

L’Amazonie est l’une des régions les plus riches en biodiversité sur Terre et joue un rôle primordial dans le cycle hydrologique de la Terre, qui porte un impact indéniable sur le climat. Elle abrite près de 10% des mammifères de la planète et 15% des plantes terrestres connues. Environ 220’000 individus de 180 peuples autochtones habitent l’Amazonie brésilienne. La forêt tropicale brésilienne, la plus grande de la planète, est leur source de nourriture, des outils et de la médecine ainsi que leur abri. Tout ceci est menacé quotidiennement par la déforestation, qui, depuis 1970, a été la cause de la destruction de 20% de sa superficie.

L’Etat de Rondônia au Brésil a été l’un des plus durement touchés par la déforestation, ayant perdu plus de 40% de la surface de sa forêt tropicale au profit de l’élevage du bétail et des terres agricoles. Au milieu de cette catastrophe écologique, des tribus indigènes luttent pour préserver leurs terres ancestrales, parmi lequel compte le peuple Surui.

Les Surui ont été presque exterminés par la maladie suite de leur premier contact avec l’«homme blanc» en 1968, laissant moins de 300 survivants en 1971. Depuis, ils ont eu du mal à préserver leurs terres de l’invasion par les bûcherons et les éleveurs de bovins.Aujourd’hui, après un combat long et difficile et avec une grande détermination pour survivre, les Surui ont réussi à sauver leur peuple et leur culture de l’extinction. Ils sont maintenant de 1360, unis derrière leur chef charismatique et visionnaire, Almir Narayamoga Surui, 36 ans, fonction qu’il occupe depuis l’âge de 17 ans.

Le chef Almir Narayamoga Surui

Un des premiers diplômés de sa tribu, Chef Almir est devenu l’un des leaders autochtones les plus respectés du Brésil. En 2007, il a été nommé coordinateur pour l’environnement de la COIAB (Coordination des organisations indigènes de l’Amazonie brésilienne). Conférencier de renom pour les droits des autochtones et la protection de la forêt tropicale, à la fois au Brésil et à l’étranger, Almir est un interlocuteur direct du gouvernement brésilien. Il a en outre reçu le 25 octobre 2008 le prix des Droits de l’homme décerné par la Société Internationale des Droits de l’Homme à Genève.

Almir Surui est le président de l’association Metareila do Povo Indigena Surui qui est en charge de la réalisation du projet Pamine.

La reforestation

La Terra Indigena Sete de Setembro, est le territoire indigène ancestral rendu par le gouvernement brésilien aux Surui dans les années 80, s’étendant sur 248.000 hectares encore couvert à 95% de forêt tropicale originale. Les Surui veulent reforester les 12’500 hectares déforestés par le passé avec environ 1 million d’arbres.

L’objectif du chef Almir est de démontrer qu’une économie non-destructive et durable des forêts est possible, et d’utiliser sa tribu comme exemple afin de créer un modèle à suivre pour les autres tribus, tout en espérant que ce modèle serait également promu par le gouvernement. Dans cette perspective, le chef Almir Surui a contacté Aquaverde en 2005 pour demander notre soutien.

Sa vision est d’utiliser la reforestation comme un outil pour unir sa tribu autour d’une démarche ethno-écologique forte, afin de démontrer que les peuples autochtones ont intimement besoin de la forêt pour survivre avec leur culture et savoirs traditionnels qui, une fois alliés aux connaissances scientifiques et à leur sagesse écologique, puissent ouvrir un chemin vers l’avenir non seulement de son peuple mais peut-être aussi pour le reste du monde.

La volonté du peuple Surui est de démontrer par la pratique aux autres tribus, au gouvernement brésilien et au monde entier, la viabilité de son projet de gestion durable de son territoire en conservant sa forêt amazonienne sur pied. C’est dans ce programme de gestion ethno-environnementale de 50 ans que s’inscrit le projet PAMINE. Le but étant de dupliquer ce projet en offrant aux 180 tribus d’Amazonie brésilienne, qui possède 25% de la forêt équatoriale brésilienne, cet outil validé par l’expérience Surui. Lorsque ce but sera atteint, nous aurons sauvegardé environ 900’000 km2 de la plus grande forêt tropicale du monde, soit 22 fois la surface de la Suisse.

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